Conférences 2022-2023

L’ensemble des conférences de l’Institut Rachi est proposé simultanément en visioconférence via ZOOM.
Liens d’inscription

Mardi 25 octobre 2022 à 19h30 – Conférence inaugurale 
« ACCORDS D’ABRAHAM. Syntagme publicitaire ou socle symbolique? » par Denis Charbit

En partenariat avec l’Institut Européen Emmanuel Levinas-AIU

Soirée exceptionnelle présentée par Gérard Rabinovitch

Depuis août 2019, l’Etat d’Israël a signé avec plusieurs Etats arabes une série d’accords de normalisation qui mettent fin à des décennies de boycott et des années récente d’échange discrets et secrets, officieux et non officiels. Ces accords ont été salué par certains observateurs comme un changement de paradigme et une révolution diplomatique. D’autres chancelleries les ont accueilli de manière plus réservée et révèlent quelque scepticisme sur leur portée réelle au-delà des intérêts économiques et commerciaux immédiats des parties. Le nom donné à ces accords n’est pas fortuit et fait référence au patriarche commun aux trois monothéismes: Abraham. S’il est trop tôt pour décréter l’avenir de ces accords et leur extension à d’autres Etats de la région, il convient de réfléchir aux perspectives que ces accords ouvrent potentiellement dans le domaine diplomatique, stratégique, militaire, mais aussi culturel et spirituel, entre les Etats, mais aussi entre les peuples. Il ne faut pas exclure l’opportunité à saisir d’écrire là une page nouvelle dans les relations entre juifs et musulmans, entre Juifs et Arabes. Il ne faut pas exclure non plus le rôle modérateur que les Etats arabes signataires sont susceptibles de jouer pour réconcilier les parties engagées dans le conflit israélo-palestinien. Un nouveau Moyen-Orient? Un rôle nouveau pour les religions d’Abraham ? Les enjeux ne manquent pas d’ampleur.  

Crédit photo Sébastien Leban

Intervenants :

Denis CHARBIT est professeur de science politique à l’Open University of Israel (Ra’anana) et directeur de l’Institut de recherche sur les relations entre juifs, chétiens et musulmans. Ses recherches portent sur le sionisme, l’Etat d’Israël et la vie intellectuelle israélienne. Dernier  ouvrage paru: Retour sur Altneuland. La Traversées des utopies sionistes, édition de l’éclat, 2018.  Dernier article paru: « La société israélienne et son armée : un singulier rapport », in G. Rabinovitch (dir.), Crise de l’autorité et de la vérité. Désagrégation du politique, Paris, Hermann, coll. « Questions sensibles », 2022.  

Gérard Rabinovitch est philosophe et sociologue, directeur de l’Institut Européen Emmanuel Levinas-AIU

Participation aux frais : 6€. Tarif réduit pour les étudiants, demandeurs d’emploi et personnes handicapées


Jeudi 10 novembre 2022 à 18h à la Médiathèque Jacques Chirac
« Faut-il brûler les livres des juifs ? », par Jean-Christophe Saladin

Les Amis de la Médiathèque de Troyes Champagne Métropole et l’Institut Universitaire Européen Rachi

vous invitent à la conférence de Jean-Christophe Saladin :

« Faut-il brûler les livres des juifs ? »

Un violent débat oppose, dans les années 1510, Johannes Pfefferkorn, juif de Cologne converti au catholicisme, à Johannes Reuchlin, célèbre humaniste rhénan. L’enjeu en est le bûcher pour le Talmud, mais aussi pour Reuchlin qui fait obstacle à cette mesure. Toute l’Europe intellectuelle se mobilisera dans cette « Affaire Reuchlin ».

L’Augenspiegel publié par Reuchlin pour défendre les livres des juifs est conservé à la Médiathèque Jacques Chirac dans un magnifique exemplaire, recueil factice de dix opuscules du temps, dont plusieurs se rapportent à cette querelle et qui sont revêtus d’une reliure germanique strictement contemporaine (vers 1520). Le volume a appartenu à l’un des grands hébraïsants chrétiens de Bâle, Sebastian Häslein, qui a inscrit un certain nombre de notes en hébreu dans les marges du texte de Reuchlin.

Cette conférence sera l’occasion d’évoquer les développements de cette controverse cruciale, mais largement ignorée en France, et permettra aux auditeurs d’admirer un très bel exemplaire de ce livre rarissime.

Jean-Christophe Saladin est directeur de la collection Le Miroir des humanistes aux éditions Les Belles Lettres.

Cette conférence accompagne la parution de son édition bilingue des Besicles (Augenspiegel) à l’occasion du 500e anniversaire de la mort de Reuchlin (1522).

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles

Lieu : Médiathèque Jacques Chirac


Janvier-février 2023 : cycle de rencontres
« La Shoah, et après ? »

En partenariat avec La Compagnie Théâtre’âme, la Médiathèque Jacques Chirac et le Théâtre de la Madeleine

Jeudi 12 janvier 2023 19h30 : extraits de « Réflexions sur la Question juive – Un cabaret » suivi d’une discussion avec Paul Gradvohl et Gérard Rabinovitch

« D’ascendance juive française et allemande, ma famille a connu la tourmente et échappé au pire grâce à la résistance française et aux éclaireurs israélites. Vers 12, 13 ans, j’ai découvert la Shoah par ma mère, rescapée des camps, et par des documents, la littérature -notamment le Journal d’Anne Frank- et le cinéma. On pouvait imaginer qu’il en serait fini à jamais de l’antisémitisme et de ses conséquences impensables. Eh bien non ! « Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde », comme le dit Bertolt Brecht.

L’homme ne semble pas pouvoir s’amender… Alors que faire pour éclairer les consciences et analyser au mieux le phénomène ? Une réponse possible : Réflexions sur la question juive de Jean-Paul Sartre. Saluons son courage de s’atteler en 1944 à la problématique pour démontrer les fondements erratiques de l’antisémitisme. Et ce n’est pas du haut de la philosophie ni avec un langage complexe qu’il cherche à nous intéresser mais par une démonstration de bon sens, accessible à tous et souvent surprenante de drôlerie. Comme si les blagues juives n’étaient pas loin…

Et l’idée du cabaret m’est venue à l’esprit… RÉFLEXIONS SUR LA QUESTION JUIVE est une sorte d’antidote salutaire au climat antisémite d’aujourd’hui. Sartre fait la démonstration implacable suivante : il n’y a pas de problème juif, notre problème, c’est l’antisémitisme. Au cours des siècles, l’antisémitisme n’a cessé d’emprunter diverses figures. Aujourd’hui encore, il persiste tel un virus

qui ne cesse de muter… Le texte de Sartre est autant une adresse aux juifs qu’aux non-juifs. Il met en lumière la motivation profonde, la mauvaise foi de l’antisémite et tente une approche polymorphe de ce qu’on appelle un juif. L’auteur fouille la pluralité de la question juive, démonte les mécanismes au coeur de tous racismes et permet d’étayer la pensée citoyenne de chacun. Une sélection de passages majeurs de l’oeuvre constituera le matériau textuel de ce cabaret. Des chansons et musiques yiddish et des blagues juives innerveront d’humour et d’émotions la réalisation. Ce manifeste ironique sera servi par 2 comédiens et un musicien/chanteur. La forme cabaret permet distance, liberté et grain de folie pour partager la réflexion et la dénonciation éclatantes et stimulantes de Sartre. » Note d’intention par Danièle Israël

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles

LIEU : Institut Universitaire Rachi et Zoom


Vendredi 27 janvier 2023 à 19h : Lecture de « Le procès Eichmann à Jérusalem » par Ivan Morane à la Médiathèque Jacques Chirac

Dans le cadre de la journée internationale dédiée à la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité 

En 1961, à Jérusalem, Joseph Kessel, romancier et journaliste, écrit pour le journal France-Soir au fil des journées du procès d’Adolf Eichmann, l’organisateur de la « solution finale ».

Un spectacle pour que la mémoire ne disparaisse pas, pourque notre rationalité continue de s’interroger sur l’inimaginable, sur l’horreur absolue, et aussi, de façon presque plus terrible encore, sur « l’humanité » du mal. Aucune « reconstitution » réaliste sur scène : le siège de Kessel, mais surtout la cage de verre dans laquelle « l’araignée Eichmann » se débat ou se terre. Les faits sont regardés et décrits par un homme dont les origines rendent ce pan de l’histoire insupportablement proche, par un journaliste dont l’hypersensibilité les rend palpables, par un homme de lettres dont l’écriture est une tempête plus ou moins proche, plus ou moins sonore. Kessel raconte les « personnages » et chaque spectateur peut alors entendre « en creux » son ressenti et ses interrogations sur chacun d’eux.

D’après Le procès Eichmann à Jérusalem de Joseph Kessel

Adaptation, mise en scène et interprétation Ivan Morane

Scénographie et lumière Ivan Morane,

Son Dominique Bataille

Texte publié dans Jugements derniers aux Éditions Tallandier / TEXTO

Réalités/Compagnie Ivan Morane

Durée 1h20

À partir de 15 ans


A la Médiathèque Jacques Chirac. Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles

Jeudi 2 et vendredi 3 février 2023 : Représentations au Théâtre de la Madeleine « Réflexions sur la question juive – Un cabaret »

RÉFLEXIONS SUR LA QUESTION JUIVE est une sorte d’antidote salutaire au climat antisémite d’aujourd’hui. Sartre fait la démonstration implacable suivante : il n’y a pas de problème juif, notre problème, c’est l’antisémitisme. Au cours des siècles, l’antisémitisme n’a cessé d’emprunter diverses figures. Aujourd’hui encore, il persiste tel un virus
qui ne cesse de muter…

Mise en scène  : Danièle Israël et Pierre Humbert 
Comédienne : Maud Narboni
Comédien : Philippe Journo
Musicienne/chanteuse : Emmanuelle Touly
Scénographie : Danièle Israël et Elise Boual
Création vidéo : Elise Boual 
Création lumières : Frédéric Gibier

Plus d’informations : Théâtre de la Madeleine et la Compagnie Théâtr’âme

Mardi 7 février 2023 à 19h30 : conférence d’Aurélie Barjonnet
L’ère des non-témoins. La littérature des « petits-enfants de la Shoah »

Barjonnet

« Comment des écrivains qui n’ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s’est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l’ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu’il s’agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d’auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire.

L’analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d’un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l’utopie qui consiste à croire que l’on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé. » Quatrième de couverture

Cette soirée sera consacrée à la découverte de ce remarquable essai.

Aurélie Barjonet est maître de conférences en Littérature comparée à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Elle est l’auteur de plus d’une quinzaine d’articles sur les « petits-enfants de la Shoah ».

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles



Mardi 28 Février 2023 à 18h30 : Gérald Tenenbaum – Entre le réel et l’imaginaire, entre la mémoire et l’oubli, écrire à la croisée des chemins


Articulée en plusieurs volets, la conférence aura pour objet :


• de partager des réflexions sur le travail littéraire et sur l’évolution actuelle des productions romanesques
• d’évoquer le parcours singulier de l’orateur, irrigué de front par la recherche mathématique au niveau international, par une identité juive empreinte de silence, et par la passion de la littérature sous toutes ses formes.      

de présenter son dernier roman, Par la racine (éditions Cohen & Cohen), dont l’action se déroule en partie dans la ville de Troyes et au centre universitaire Rachi.


Gérald Tenenbaum est ancien élève de l’École Polytechnique, professeur à l’université de Lorraine, Gérald Tenenbaum est chercheur en mathématiques pures et écrivain. Ses publications littéraires s’inscrivent dans de nombreux genres : théâtre, poésie, essai, nouvelle, roman. Il porte un projet littéraire ouvert sur le monde, soutenu par la tension narrative, et fertilisé par la résonance poétique.

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles

Lieu communiqué ultérieurement


Jeudi 16 mars à 20h15 : présentation du collectif « L’influence de la religion néoplatonicienne dans les monothéismes au Moyen Âge », par les directeurs de la publication, Daniel de Smet et Géraldine Roux et en présence des auteurs en visioconférence.

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De l’Antiquité tardive à la fin du Moyen Âge, le développement de la pensée juive, chrétienne et musulmane ne peut être compris sans les sources hellénistiques et post hellénistiques qui en sont à la base. Outre l’apport bien connu de l’aristotélisme, la philosophie des trois monothéismes cohabitant au Moyen-Orient a été profondément influencée par le néoplatonisme. Cette influence s’est opérée en une remarquable continuité avec les traditions intellectuelles du paganisme tardo-antique, tout en subissant des infléchissements et des adaptations progressifs au nouveau contexte religieux et culturel. De même, si le néoplatonisme a pu modifier, voire infléchir ces traditions en élaboration, l’étude de ces sources hellénistiques permet également d’interroger le néoplatonisme comme religion avec un dieu unique, l’Un, et des textes révélés, le statut des Oracles chaldaïques, par exemple. Les dix articles rassemblés en ce volume, fruit d’un séminaire qui s’est tenu en 2019 à l’Institut Universitaire Rachi à Troyes, retracent les différents jalons de ce long processus à faces multiples.

Daniel de Smet est directeur de Recherche au CNRS, Membre statutaire du Laboratoire d’Études sur les Monothéismes. Groupe du Centre d’études des religions du Livre (CERL), Responsable de l’équipe 1, “Livres sacrés : Canons et Hétérodoxies”.

Géraldine Roux est agrégée et docteure en philosophie, directrice de l’Institut Universitaire Rachi.

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles


Mardi 28 mars 2023 à 18h-Conférence de clôture du cours « Lire la Bible avec Rachi »
Les descendants de Rachi en Normandie, par Jacques Klein

Une trentaine d’années après la mort de Rachi (1105), son illustre petit-fils, Rashbam, s’installe à Rouen pour y diriger la yeshiva. Pendant un quart de siècle, il va y rédiger des commentaires, mener des controverses avec l’éminent savant andalou Abraham Ibn Ezra et former des générations de disciples qui dirigeront les yeshivot  de Rouen et d’autres villes normandes (Evreux, Caen, Falaise, Pont-Audemer, Touques …). Leurs ajouts aux commentaires de Rachi forment l’essentiel des tossafot reproduits dans les versions imprimées du Talmud de Babylone. Leurs enseignements vont aussi, via Nicolas de Lyre, être à l’origine de toute l’exégèse chrétienne médiévale.

Jacques-Sylvain Klein est docteur en sciences de la gestion et directeur honoraire de l’Assemblée nationale. Il a été maire-adjoint de Rouen et a fondé en 2007 l’association « La Maison Sublime de Rouen » qui, après quinze ans d’efforts, a obtenu la réouverture au public du plus ancien monument juif de France. Il a publié une quinzaine d’ouvrages, dont « Le royaume juif de Rouen ressuscité » (éd. Arnaud Franel, 2ème éd. 2021).

Participation aux frais : 6€. Tarif réduit pour les étudiants, demandeurs d’emploi et personnes handicapées