18 octobre au soir et 19 octobre en journée. Séminaire de rhétorique. « Le Chat du rabbin rencontre Tintin dans le désert ». Rhétoriques juive et chrétienne dans la littérature graphique.

par Francine Belle-Isle.

En prenant appui sur la rhétorique de la communication de Jakobson, axée sur les six fonctions du langage, en tenant compte des relations actantielles que suppose une sémiotique du sujet inspirée de Greimas, et dans le prolongement interprétatif de la psychanalyse textuelle, je voudrais établir une comparaison discursive entre deux oeuvres de bandes dessinées, Le Chat du rabbin de Sfar d’une part, Les Aventures de Tintin d’Hergé d’autre part. La mise en rapport de ces deux oeuvres n’est pas gratuite, puisque dans le cinquième album du Chat du rabbin, dont une case fort éloquente y est expressément consacrée, le chat (du rabbin) rencontre le chien (de Tintin)… La rencontre entre ces deux « bêtes » qui parlent, je voudrais la faire se représenter sur le plan purement narratif, dans ses différences comme dans ses ressemblances. sur le plan purement narratif, dans les différences comme dans les ressemblances qu’elle met en scène dans les deux trames textuelles. Seront à cet égard touchées, entre autres, valeurs religieuses et éthiques, identité et altérité, sexualité, inscription dans le monde. Sans vouloir faire de ces deux oeuvres des modèles absolument exemplaires de deux rhétoriques identifiées, l’une juive l’autre chrétienne, je voudrais cependant mettre en lumière certaines modalités d’expression propres à l’une et à l’autre, certaines stratégies de représentation discursive particulières, susceptibles d’esquisser en filigrane deux conceptions du monde, sinon opposées du moins spécifiques.

A lire avant le séminaire :

  • Hergé : Tintin au Congo, Tintin en Amérique, Tintin au Tibet et Tintin chez les Picaros.
  • Sfar : La Bar-Mitsva, L’Exode, Jérusalem d’Afrique et Tu n’auras pas d’autre dieu que moi.

Francine Belle-Isle est docteure en littérature et psychanalyste. Elle a fait carrière à l’Université du Québec à Chicoutimi comme professeure. Elle a également occupé la fonction de Vice-rectrice à l’enseignement et la recherche de 2005 à 2012.

Tarif plein : 12€ la journée – inclus dans le passeport 2 (10 séances)


7 séances le lundi à 20h30

Approches psychanalytiques « Que peut la psychanalyse aujourd'hui ? »

En partenariat avec des membres de l’APAT*
*Actualité de la Psychanalyse à Troyes

Il se dit et se répète que la psychanalyse est dépassée, au profit de techniques thérapeutiques rapides et efficaces. C’est méconnaître la spécificité de l’abord psychanalytique et de ses multiples effets. Des psychanalystes troyens en donneront quelques exemples.

 

 

 

Lundi 13 novembre 2017
Marie-Pierre Simon-Koch. « La psychanalyse, un art nouveau pour créer du lien social ».
Dans notre monde post moderne, quand le sujet succombe sous les impératifs multiples de technicité, d’efficacité et de concurrence, la psychanalyse aujourd’hui : un art de trouver les ajustements qui autorisent le désir dans le social/ dans le social.

Lundi 11 décembre 2017
Béatrice Braun. Une psychanalyste face à une maladie du siècle.

Nous avons vu ces dernières années éclore et fleurir des diagnostics dont nous n’avions jamais entendu parler auparavant. La fibromyalgie en est un parmi d’autres. Un tel étiquetage médical rassure en permettant de mettre un nom sur une souffrance. Mais il entraine aussi le sujet dans un parcours de soins et de vie souvent interminable et désespérant… Un psychanalyste y pourrait-il parfois quelque chose ?

Lundi 22 janvier 2018
Anne Delafosse Bazin et Alain Gaillard. Fatigue au travail (Anne Delafosse-Bazin)

Le burn-out comme manifestation psychosomatique d’un « malaise dans la culture ». Qu’y entend l’analyste ?

L’enfant dit « hyperactif » (Alain Gaillard)

D’agité, l’enfant est devenu hyperactif. Les adultes (parents, enseignants…) demandent que ce symptôme disparaisse au plus vite, quitte à ce que des amphétamines soient prescrites. Dans ce contexte, quelle place est laissée à un travail de parole et d’écoute dans une consultation en pédopsychiatrie ?

 Lundi 12 février 2018
Brigitte Culioli. Les psychanalystes sont-ils des spécialistes de l’inconscient ?

La tentation est grande de découper la vie psychique sur le même mode que la pathologie, on fait ainsi entrer les patients et les thérapeutes dans des cases. Il est exact que la psychanalyse tente une traduction des paroles et des actes manifestes pour en extraire la sève des désirs latents. Mais depuis l’abandon de l’hypnose par Freud, c’est en pleine conscience que s’effectue le travail, même si un état de vigilance particulier le favorise chez les deux protagonistes. Pourtant il semble que les psychanalystes aient beaucoup à dire sur la vie consciente, c’est-à-dire sur ce qui nous court dans la tête. Angoisses, phobies, ruminations, scénarios et projections alimentent le discours et sont présents dans le  flot des pensées plus rationnelles. Enfin, la division entre conscient et inconscient est bien loin de rendre compte d’un processus, la psychanalyse, qui pose la question du lien à l’autre.

Lundi 19 mars 2018
Christine Salas. Miroir, mon beau miroir…

Les révolutions technologiques et l’injonction de « rester connecté » instaurent des modes de perception et de transmission inédits. Ainsi, le « selfie » vient redéfinir l’autoportrait, quête esthétique et identitaire mais aussi mise en scène de sa propre image. Il nous invite en tant que psychanalystes à revisiter le « stade du miroir » et la notre relation à l’image et le lien du narcissisme aux questions fondamentales de l’identité, de la sexualité, et de la mort.

Lundi 14 avril 2018
Alain Méry – Titre et argument à déterminer

Lundi 14 mai 2018
Thierry Schmelz – Titre et argument à déterminer

 

Tarif plein : 6€ la séance – inclus dans le passeport 2 (10 séances)

                                               


 Mercredi 18h-20h : Les dynamiques de la haine.

En partenariat avec l’équipe d’accueil « philosophie allemande » de l’Université de Strasbourg et l’Institut Européen Emmanuel Levinas.

Séminaire animé par Danièle Lévy (philosophe, psychanalyste), Gérard Rabinovitch (philosophe et sociologue français, chercheur au CNRS, membre du CERSES, et chercheur associé au Centre de recherche «Psychanalyse, médecine et société» de l’université Paris VII – Denis Diderot) et  Jacob Rogozinski (professeur de philosophie de l’Université de Strasbourg). En partenariat avec l’IEEL et l’équipe d’accueil « philosophie allemande » de l’Université de Strasbourg.

21 février 2018 : Gérard Rabinovitch. Sur la destructivité humaine.

14 mars 2018 : Jacob Rogozinski. Djihadisme : le retour du sacrifice

11 avril 2018 : Danièle Lévy. Titre à déterminer.

18 avril 2018 : séance  commune. Synthèse et ouvertures.


Jeudi 18h-20h : La création de la femme. Atelier de lectures croisées : Torah, Bible, Nouveau Testament, Coran.

Co-organisateurs :

– Armand Abécassis : professeur émérite de philosophie comparée à l’Université de Bordeaux, directeur des études juives de l’Alliance Israélite Universelle, président de l’Institut Universitaire Européen Rachi.

– Philippe Lefebvre : o.p., professeur d’Ancien Testament faculté de théologie de l’Université Miséricorde (Fribourg, Suisse) et professeur invité à l’École Biblique de Jérusalem.

– Géraldine Roux : docteur et enseignante en philosophie, chercheur associée au Laboratoire d’Etudes des Monothéismes et directrice de l’Institut Rachi.

 

Argumentaire :

Chacun des Textes que l’on peut considérer comme fondateurs de notre civilisation occidentale est porteur d’un chemin propre depuis sa narrativité, son histoire, ses interprétations et sa cohérence internes. Torah, Bible et Coran font monde. Mais ces mondes sont-ils clos sur eux-mêmes ou peuvent-ils consoner entre eux depuis des traverses, des ponts où, par exemple au silence de l’un répond une étincelle de sens de l’autre, où une même question (éthique, juridique, philosophique) peut être abordée sous un autre angle. De même, chacun est entouré de textes satellitaires qui loin d’en être la périphérie, l’éclaire par ses ajouts et commentaires. Pourrait-on envisager de faire entrer en résonance ces constellations ? Et peut-être produire des voies d’interprétation inattendues ?

Ce séminaire mensuel, a pour projet de mettre à l’épreuve des hypothèses/ conjectures entre chercheurs depuis l’étude comparative des textes, du matériau biblique, torahique, coranique, en vue de créer une polysémie, brisant  les monolithismes, depuis des lectures différentielles : historique, littéraire, théologique, philosophique, éthique.

Les séances commenceront en novembre 2017 jusqu’en avril 2018, à raison 7 séances sur l’année universitaire. Les séances se dérouleront comme suit : une heure de présentation du matériau, des textes, de la problématique puis travail en ateliers, par petits groupes d’étudiants et synthèse générale. L’objectif est, qu’à la fin de la séance de deux heures, chaque étudiant aura à disposition un petit dossier avec les textes étudiés, un lexique, etc.

La première année sera consacrée à l’élaboration d’une méthode commune selon ce dispositif : une séance mensuelle de séminaire, par un enseignant-chercheur, diffusée en direct pour permettre aux autres enseignants-chercheurs de participer au débat puis archivage sur notre chaîne youtube pour travail individuel et collectif avec une réunion semestrielle de bilan – via skype pour plus de facilité. Le séminaire mensuel est ouvert au public, étudiants et auditeurs, à la manière d’une cuisine ouverte, poursuivant la transversalité des savoirs.

Le séminaire fera l’objet d’une publication, tous les deux ans.

  • 16 novembre 2017 : séance inaugurale Armand Abécassis et Philippe Lefebvre (à Troyes)
  • 7 décembre 2017 : Jean-Sébastien Rey, professeur à la Faculté de théologie catholique de Metz (à Metz suivi en vidéo conférence à Troyes)
  • 18 janvier 2018 : Géraldine Roux (à Metz suivi en vidéo conférence à Troyes)
  • 1er février : David Lemler, ATER au département d’études hébraïques et juives de l’Université de Strasbourg (à Metz)
  • 8 mars : Saadane Benbabaali, maître de conférences à l’université Sorbonne Nouvelle -Paris III. Spécialiste du mouwashah andalou (à Metz) Sous réserve.
  • 15 mars : Daniel de Smet,  Directeur de Recherche au CNRS. Membre statutaire du Laboratoire d’Études sur les Monothéismes (à Troyes) : La génération de l’Eve cosmique dans l’ismaélisme tayyibite du Yémen.
  • 19 avril : Ursula Schattner-Rieser, Lehrstuhl für Judaistik an der Johannes-Gutenberg-Universität Mainz (à Troyes)