Séminaire Approches psychanalytiques

« Parlez-moi d’amour… »
En partenariat avec des membres de Actualité de la psychanalyse à Troyes

Sous des formes multiples et parfois contraires, l’amour et la perte d’amour nous occupent tous. Comment les psychanalystes l’entendent-ils dans la réalité quotidienne ?

Lundi 5 novembre 2018 à 20h30
Danièle Lévy – L’amour, vu de la psychanalyse

Les personnes qui viennent nous voir nous parlent librement de leur vie, de leur vie bien plus que de leur personne. Tel est le matériau à partir duquel les psychanalystes ont pu construire en même temps une compréhension du fonctionnement humain et une façon d’être qui aide les personnes à renouer les fils restés pendants de leur histoire. Ces hypothèses éclairent ce qu’on savait déjà, mais apportent en plus quelques surprises. Le mystère de l’amour en est une.

 

 

Lundi 3 décembre 2018 à 20h30
Anne Delafosse-Bazin – L’amour véritable chez l’enfant, dans la cure et dans la vie.

« Un amour véritable », l’expression est de Freud parlant de ce qui peut se jouer dans la relation analytique. Répétition des amours infantiles ou expérience inédite ?
Nous verrons comment la cure analytique met la capacité d’aimer au cœur de ses enjeux.

Lundi 7 janvier 2019 à 20h30
Béatrice Braun-Guédel et Brigitte Martinez-TartoisPassion Amoureuse

Qui n’a jamais rêvé du grand Amour ?

Pourtant, courir après ce rêve, n’est-ce-pas souvent courir à sa perte ? Au coup de foudre initial pour un être qui semble incarner parfaitement ce désir ou ce fantasme, succèdent parfois la naissance d’un amour réel, mais trop souvent la désillusion, puis la guerre et la haine, quand ce n’est pas la folie…

Que s’est-il passé ? Et si ce désir si violent n’était que la trace d’un désir ancien, enfoui dans les méandres de la mémoire ?

Alors comment guérir du mal d’aimer ?

La rencontre avec un psychanalyste peut-elle déjouer le piège que nous tend la passion et dénouer les liens qui la rattachent à un passé révolu ?

Deux exposés :

Béatrice Braun-Guédel : « La passion, des retrouvailles ? »

Brigitte Martinez-Tartois : « Tomber amoureux au risque d’en tomber fou ? »

 

Lundi 4 février 2019 à 20h30
Géraldine Roux et Marie-Pierre Koch – L’amour, porteur de civilisation ?

Les textes fondateurs des civilisations que nous connaissons parlent tous d’amour.  En sont-ils le ciment ? et comment expliquer alors l’Histoire rythmée par les guerres et les luttes de pouvoir ? L’amour n’est-il qu’une illusion individuelle et collective ? Des textes et des témoignages nous aideront à aborder ces questions.

Lundi 4 mars 2019 à 20h30
Christine Salas – L’amour maternel

Cet amour par excellence qu’est l’amour maternel est selon Freud la « relation la plus parfaite » et le prototype de toutes les relations amoureuses ultérieures.

L’idée d’une relation mère-enfant faite de symbiose et d’harmonie s’est longtemps imposée pour décrire les premières relations bien que la clinique illustre l’hostilité inhérente à cette relation particulière.

Les développements de la psychanalyse permettent de questionner le caractère mythique de ce supposé amour et son ambivalence sous laquelle l’enfant peut difficilement se constituer « comme sujet ».

Lundi 6 mai 2019 à 20h30
 Thierry Schmeltz – Aimer, être aimé : une quête paradoxale ?

Tout en reconnaissant la nécessité de l’amour, Freud n’en souligne pas moins, dès le début de son œuvre, le risque de dissolution de la frontière entre le moi et l’objet. De la nécessité vitale à la menace narcissique, comment penser ce paradoxe de l’expérience amoureuse ?


Mercredi 20h (mensuel, second semestre, 6 séances) : Les dynamiques de la haine.

Lors de la première année du séminaire, nous avons travaillé les liens et les différences entre pulsion de mort, haine, destructivité. Qu’est-ce qui se joue dans le processus de haine. De quoi se nourrit-elle ? Prend-elle sa source dans une figure particulière ou la désignation de l’objet de haine n’est-elle pas le terme d’un processus, de plusieurs dynamiques souterraines dont l’explosion matérielle serait une conséquence ? Il nous faut également interroger la notion de « haine », à proprement parler. Est-ce une émotion ? Une pulsion ? Une dynamique destructive certes mais qui semble regrouper un grand nombre de processus psychiques, confondus les uns avec les autres. Nous essaierons cette année de les distinguer.

 

Intervenants :

– 16 janvier : Gérard Rabinovitch (philosophe, chercheur associé au CNRS), Sur la destructivité humaine

– 6 février : Jacob Rogozinski (professeur de philosophie à l’Université de Strasbourg), La haine de l’étranger

– 27 février Danièle Lévy (philosophe et psychanalyste, membre d’Actualité de la Psychanalyse à Troyes), Pulsions de vie, pulsions de mort.

– 13 mars : François David Sebbah (Professeur de philosophie morale contemporaine à l’Université de Paris Ouest Nanterre La Défense, et membre de l’IReph (L’institut de Recherches philosophiques). membre associé des Archives Husserl, et membre associé de COSTECH à l’Université de Technologie de Compiègne), L’éthique du survivant. Levinas, une philosophie de la débâcle.

– 20 mars : Georges Zimra (psychanalyste et psychiatre), Les religions au défi de la modernité.

– 3 avril : (en partenariat avec l’APAT et le Centre universitaire de Troyes) : Roland Gori (psychanalyste et professeur émérite de psychologie et de psychopathologie clinique de l’université Aix-Marseille), Les mécanismes de l’idéologie.

 


Séminaire : L’influence de la religion néoplatonicienne dans les monothéismes. Sous la direction de Daniel de Smet et de Géraldine Roux
En partenariat avec le Laboratoire d’Etudes sur les Monothéismes (CNRS).

Lieu : Institut Rachi, Troyes.

Chaque séance pourra être suivie en visioconférence

Argument :

De l’Antiquité tardive à la fin du Moyen-âge, le déploiement des pensées juive, chrétienne et musulmane ne peut être compris sans les sources hellénistiques et post hellénistiques dans lesquelles il puise, principalement dans la constitution du cosmos médiéval. Structuré par les intelligences des sphères qui gouvernent aussi bien le sensible que l’intelligible, l’ordonnancement parfait de ce cosmos est néanmoins ébranlé par l’élan de certaines âmes envers la source de ces intelligences, Dieu ou le Principe Premier.  Le lien qui unit les cosmologies hellénistique et médiévale mérite d’être plus amplement étudié et c’est là précisément l’un des objectifs de ce séminaire. En effet, la hiérarchie comme le déploiement des intelligences séparées dans la cosmologie médiévale, de l’émanation avicennienne des auto-intellections triadiques des intelligences séparées et sa double hiérarchie dans la théosophie séfirotique des kabbalistes s’inspirent des expressions néoplatoniciennes du déploiement de l’Un à travers ses hypostases. Ce sont principalement les infléchissements de ces doctrines qui seront analysés à travers, notamment, les paraphrases arabes et les traductions latines des Ennéades de Plotin et des Éléments de Théologie de Proclus sans limiter pour autant cette influence du néoplatonisme à la Théologie d’Aristote et au Liber de Causis.  A travers l’étude de ces sources hellénistiques, nous nous interrogerons sur le néoplatonisme comme religion révélée (cf. : Oracles chaldaïques). Comment a-t-on intégré le néoplatonsime dans les systèmes de pensées monothéistes ? Quelles modifications ont-elles été effectuées pour les insérer dans ces systèmes ? Des chercheurs internationaux s’interrogeront sur ces questions, pendant ces  quatre sessions d’une demi-journée chacune, depuis une approche transversale et transdisciplinaire des textes étudiés.

  1. La conception de Dieu. Théologie apophatique/ le 23 janvier 2019 (13h à 17h)

Intervenants :

  • Michaël Chase (chargé de recherche CNRS). L’Un et la question de la transcendance.
  • Cristina Ciucu (maître de conférences à l’EHESS) : apophatisme dans les mystiques juives et musulmanes
  • Constantin Macris (chargé de recherche CNRS) : néo-pythagorisme et religion païenne.
  • Éric Mangin (maître de conférences à l’Université catholique de Lyon) : l’apophatisme chez Maître Eckhart.

 

  1. La cosmologie. Emanation-création et la structure du monde intelligible/ le 27 février 2019 (13h à 17h)

Intervenants :                         

  • Polymnia Athanassiadi -professeur d’histoire ancienne à l’université d’Athènes et membre du Conseil scientifique de l’École Française d’Athènes) : “Le ciel image de la terre: de Celse à Julien”
  • Philippe Hoffmann (Directeur d’études à l’École Pratique des Hautes Études, responsable de l’équipe n°3 (Philosophies et théologies antiques, médiévales et modernes) et membre du Conseil de laboratoire du LEM) : Tradition et réception du Commentaire de Simplicius au De Caelo d’Aristote. (Sous réserve)
  • Isabelle Koch (Maître de conférences HDR en philosophie ancienne à l’université d’Aix-Marseille) : la cosmologie chez Plotin.
  • Géraldine Roux (enseignante et docteure en philosophie) : l’influence de la Théologie d’Aristote dans la philosophie juive médiévale.
  1. Âme humaine et âme du monde. Le 27 mars 2019 de 13h à 17h

Intervenants :

  • Christina D’Ancona (professeur associé au département de Civilisation et de formes de savoir de l’Université de Pise) : Les commentaires d’Aristote de l’Antiquité tardive à l’aristotélisme arabe.
  • Paul Fenton (professeur à l’UFR d’études arabes et hébraïques, Sorbonne Université) : « La rémanence de l’extase plotinienne chez les philosophes et mystiques juifs médiévaux. »
  • Meryem Sebti (chargée de recherche au CNRS): âme humaine et âme du monde chez Avicenne.
  • Mathieu Terrier (chargé de recherche au CNRS) : L’ésotérisme shî’ite entre tradition et syncrétisme.
  1. Eschatologie. Le 15 mai 2019 de 13h à 17h

Intervenants :

  • José Costa (Professeur à l’Université de Paris III-Sorbonne nouvelle. Littérature rabbinique ancienne) : la question de l’eschatologie dans le judaïsme rabbinique.
  • Daniel de Smet (directeur de recherche au CNRS) : “L’eschatologie ismaélienne entre néoplatonisme et falsafa”
  • Christian Jambet (directeur d’études à l’EPHE) : “La fin de toute chose selon Mullâ Sadrâ : eschatologie coranique et néoplatonisme”
  • Adrian Mihai (Newton International Fellow à l’Université de Cambridge) : “Les lieux de l’au-delà. Le rapport entre l’eschatologie et la cosmologie antiques”
  • Brigitte Tambrun (directrice adjointe du Laboratoire d’études sur les monothéismes. Chargée de recherches au CNRS) : “Pléthon et la destinée harmonique de l’homme”.

L’ensemble du séminaire fera l’objet d’une publication. Une journée de synthèse est prévue avec l’ensemble des intervenants à la fin séminaire, en septembre ou octobre 2019. Chaque séance pourra être suivie en visioconférence (renseignements à l’accueil).

Tarif : 6€ la séance de séminaire. Gratuit pour les enseignants, les élèves et étudiants des établissements partenaires.


Mardi 30 AVRIL 2019 : Séminaire de rhétorique animé par Francine Belle-Isle, précédé d’une conférence grand public le lundi 29 avril à 20h
IDENTITÉ ET STYLE (D’ÉCRITURE). LE CAS ROMAIN GARY/ÉMILE AJAR

En 1975, cinq ans avant sa mort par suicide, dans une entrevue accordée à Jacques Chancel qui lui demande s’il a réussi sa vie, Romain Gary a un petit rire sans illusion et répond : « À trente ans, je voulais être Romain Gary.  Maintenant je sais que c’est impossible… »  Pourtant, il est manifestement un homme accompli : héros de guerre, diplomate chevronné, polyglotte aux attaches culturelles nombreuses, et surtout écrivain reconnu.  Il a un nom, comme on dit.

Ce nom ne suffit pas. Il ne suffit pas à ce nom.  Dans le plus grand secret, à même une flamboyante supercherie littéraire, il s’invente en Émile Ajar, ce double nécessaire, longtemps cherché à travers de multiples pseudos, enfin trouvé dans la fiction d’une écriture renouvelée.  Fatigué d’être lui-même, désireux d’échapper au profil statufié d’écrivain auquel son lectorat le contraint, il devient un Autre, au nom sorti de nulle part, lieu déclaré d’une identité inconnue, affirmée pourtant de la seule autorité des mots écrits pour la dire.

   Le cas Romain Gary/Émile Ajar.  Dans le sens où cette imposture, orchestrée sur la scène de l’écriture, pose des questions essentielles.  Surtout quand il s’agit de les poser sur le terrain de la fiction romanesque, où les liens d’identité entre narrateur et auteur ne sont jamais évidents.  Faire d’un roman le lieu déposé de son identité, c’est confier à l’imaginaire la responsabilité d’inscrire dans le réel le sceau de son authenticité.  C’est donner à l’écriture de fiction, dans les différentes figures qu’elle emprunte, dans les diverses variations de style qu’elle exploite, le droit et le pouvoir de dessiner les contours de sa personne (ce qu’on est et ce qu’on n’est pas) pour les mettre dans l’œil du lecteur et ainsi en assurer la consistance.  À nous de voir si le jeu en vaut la chandelle…

Pour Romain Gary, l’affaire était de vie et de mort.  Il fallait échapper à tout prix au regard idolâtre de sa mère qui l’avait condamné à être tout ce qu’il s’est efforcé de devenir, et plus encore.  Quand l’œil du lecteur a pris le relais et s’est superposé à celui de la mère, la charge traumatique a explosé. Il fallait absolument sortir de l’ornière des œuvres de commande et aller radicalement ailleurs, vers un champ d’écriture autre où la création devenait possible pour vrai, pour se donner enfin « une tête à soi ».  Une affaire de vie ou de mort.

Francine Belle-Isle est docteure en littérature et psychanalyste. Elle a fait carrière à l’Université du Québec à Chicoutimi comme professeure. Elle a également occupé la fonction de Vice-rectrice à l’enseignement et la recherche de 2005 à 2012.

Tarif : 6€

Lectures essentielles : Lectures recommandées :
Les Racines du ciel.  Romain Gary L’Éducation européenne. Romain Gary
La Promesse de l’aube. Romain Gary
Gros-Câlin. Émile Ajar L’Angoisse du roi Salomon. Émile Ajar
La Vie devant soi. Emile Ajar