18 octobre à 19h conférence de présentation grand public
« Le Chat du rabbin rencontre Tintin dans le désert ». Rhétoriques juive et chrétienne dans la littérature graphique.

Le jeudi 19 octobre de 10h à 12h et de 14h à 17h. Séminaire « Rhétorique en trois temps. Un chat juif, un chien chrétien, un enfant musulman».

par Francine Belle-Isle.

Au cours du séminaire de l’automne 2016, j’ai commencé à établir une comparaison entre deux bandes dessinées, Le Chat du rabbin de Sfar et Les Aventures de Tintin d’Hergé. Cette mise en regard prenait appui sur la rhétorique de la communication (Jakobson) et se situait essentiellement sur le plan des techniques de narration (Genette) et de la sémiotique actantielle (Greimas), aussi dans le prolongement de la lecture psychanalytique des textes.

Cette année, je voudrais pousser plus avant le travail d’analyse de ces deux œuvres en y adjoignant une troisième, L’Arabe du futur de Sattouf. Sans prétendre que ces trois œuvres soient typiques, respectivement, de la rhétorique liée à leur culture particulière, il est cependant possible de mettre en lumière certaines modalités d’expression propres à chacune. Ces différentes stratégies de représentation esquissent en filigrane trois conceptions du monde sinon opposées, du moins spécifiques, touchant notamment aux valeurs religieuses et éthiques, à l’identité et à l’altérité, à la relation au sexuel et à l’inscription du sujet comme corps de désir.

Sur un plan plus large, ce séminaire a certainement une visée implicite : montrer combien toute création est toujours aussi un Corps de désir. Car ce tissu de signifiants qu’est un texte – Roland Barthes parle d’un  » feuilleté de signifiance  » – est donné à lire à travers une Voix et un Regard singuliers, dans une sorte de clair-obscur qui permet l’advenue du sens en même temps que sa défaillance. Une œuvre est ainsi à la fois lieu et cause de désir.

A lire avant le séminaire :

  • Hergé : Tintin au Congo, Tintin en Amérique, Tintin au Tibet et Tintin chez les Picaros.
  • Sfar : La Bar-Mitsva, L’Exode, Jérusalem d’Afrique et Tu n’auras pas d’autre dieu que moi.
  • L’Arabe du futur de Riad Sattouf.

Francine Belle-Isle est docteure en littérature et psychanalyste. Elle a fait carrière à l’Université du Québec à Chicoutimi comme professeure. Elle a également occupé la fonction de Vice-rectrice à l’enseignement et la recherche de 2005 à 2012.

Conférence libre et gratuite dans la limite des places disponibles.
Séminaire : tarif plein : 12€ la journée – inclus dans le passeport 2 (10 séances)

Tarif plein : 12€ la journée – inclus dans le passeport 2 (10 séances)


7 séances le lundi à 20h30

Approches psychanalytiques « Que peut la psychanalyse aujourd'hui ? »

En partenariat avec des membres de l’APAT*
*Actualité de la Psychanalyse à Troyes

Il se dit et se répète que la psychanalyse est dépassée, au profit de techniques thérapeutiques rapides et efficaces. C’est méconnaître la spécificité de l’abord psychanalytique et de ses multiples effets. Des psychanalystes troyens en donneront quelques exemples.

 

 

 

L’affiche du séminaire à télécharger

Lundi 13 novembre 2017
Marie-Pierre Simon-Koch. « La psychanalyse, un art nouveau pour créer du lien social ».
Dans notre monde post moderne, quand le sujet succombe sous les impératifs multiples de technicité, d’efficacité et de concurrence, la psychanalyse aujourd’hui : un art de trouver les ajustements qui autorisent le désir dans le social.

Lundi 11 décembre 2017
Béatrice Braun. Une psychanalyste face à une maladie du siècle.

Nous avons vu ces dernières années éclore et fleurir des diagnostics dont nous n’avions jamais entendu parler auparavant. La fibromyalgie en est un parmi d’autres. Un tel étiquetage médical rassure en permettant de mettre un nom sur une souffrance. Mais il entraine aussi le sujet dans un parcours de soins et de vie souvent interminable et désespérant… Un psychanalyste y pourrait-il parfois quelque chose ?

Lundi 22 janvier 2018
Anne Delafosse Bazin et Alain Gaillard. Fatigue au travail (Anne Delafosse-Bazin)

Le burn-out comme manifestation psychosomatique d’un « malaise dans la culture ». Qu’y entend l’analyste ?

L’enfant dit « hyperactif » (Alain Gaillard)

D’agité, l’enfant est devenu hyperactif. Les adultes (parents, enseignants…) demandent que ce symptôme disparaisse au plus vite, quitte à ce que des amphétamines soient prescrites. Dans ce contexte, quelle place est laissée à un travail de parole et d’écoute dans une consultation en pédopsychiatrie ?

 Lundi 12 février 2018
Brigitte Culioli. Les psychanalystes sont-ils des spécialistes de l’inconscient ?

La tentation est grande de découper la vie psychique sur le même mode que la pathologie, on fait ainsi entrer les patients et les thérapeutes dans des cases. Il est exact que la psychanalyse tente une traduction des paroles et des actes manifestes pour en extraire la sève des désirs latents. Mais depuis l’abandon de l’hypnose par Freud, c’est en pleine conscience que s’effectue le travail, même si un état de vigilance particulier le favorise chez les deux protagonistes. Pourtant il semble que les psychanalystes aient beaucoup à dire sur la vie consciente, c’est-à-dire sur ce qui nous court dans la tête. Angoisses, phobies, ruminations, scénarios et projections alimentent le discours et sont présents dans le  flot des pensées plus rationnelles. Enfin, la division entre conscient et inconscient est bien loin de rendre compte d’un processus, la psychanalyse, qui pose la question du lien à l’autre.

Lundi 19 mars 2018
Christine Salas. Miroir, mon beau miroir…

Les révolutions technologiques et l’injonction de « rester connecté » instaurent des modes de perception et de transmission inédits. Ainsi, le « selfie » vient redéfinir l’autoportrait, quête esthétique et identitaire mais aussi mise en scène de sa propre image. Il nous invite en tant que psychanalystes à revisiter le « stade du miroir » et la notre relation à l’image et le lien du narcissisme aux questions fondamentales de l’identité, de la sexualité, et de la mort.

Lundi 9 avril 2018
Alain Méry – Pauvres parents !

Pauvres parents, qui pensent ne plus savoir y faire avec leur progéniture. S’agit-il du sempiternel conflit de générations, amplifié par les Communicants et les toutes-puissantes Nouvelles sciences, qui entraînerait le regret des Neiges d’antan ? Ou d’autre chose de nouveau ? Quelque chose du côté de ce qui, dans ces rencontres, dans ces expériences et dans leur cadre, structure habituellement le sujet, quelque chose que la psychanalyse pourrait contribuer à déchiffrer ?

Lundi 14 mai 2018
Thierry Schmeltz : Pourquoi la guerre ? Enjeux culturels et psychiques

La violence est présente dans l’histoire des hommes depuis des temps immémoriaux. Le travail d’élaboration de la psychanalyse a convaincu Freud d’une idée difficile à admettre : la destructivité est présente chez tout être humain et ne s’éteint jamais. La psychanalyse peut-elle agir sur les affects de haine ? A-t-elle le pouvoir d’infléchir les tendances agressives des hommes ? Joue-t-elle un rôle dans le processus civilisateur ? Quelques exemples tirés de l’actualité développeront ces questions.

 

Tarif plein : 6€ la séance – inclus dans le passeport 2 (10 séances)

                                               


 Mercredi 18h-20h : Les dynamiques de la haine.

En partenariat avec l’équipe d’accueil « philosophie allemande » de l’Université de Strasbourg et l’Institut Européen Emmanuel Levinas.

Séminaire animé par Danièle Lévy (philosophe, psychanalyste), Gérard Rabinovitch (philosophe et sociologue français, chercheur au CNRS, membre du CERSES, et chercheur associé au Centre de recherche «Psychanalyse, médecine et société» de l’université Paris VII – Denis Diderot) et  Jacob Rogozinski (professeur de philosophie de l’Université de Strasbourg). En partenariat avec l’IEEL et l’équipe d’accueil « philosophie allemande » de l’Université de Strasbourg.

21 février 2018 : Gérard Rabinovitch. Sur la destructivité humaine.

14 mars 2018 : Jacob Rogozinski. Djihadisme : le retour du sacrifice

11 avril 2018 : Danièle Lévy. Titre à déterminer.

18 avril 2018 : séance  commune. Synthèse et ouvertures.


Jeudi 18h-20h : La création de la femme. Atelier de lectures croisées : Torah, Bible, Nouveau Testament, Coran.

Co-organisateurs :

– Armand Abécassis : professeur émérite de philosophie comparée à l’Université de Bordeaux, directeur des études juives de l’Alliance Israélite Universelle, président de l’Institut Universitaire Européen Rachi.

– Géraldine Roux : docteur et enseignante en philosophie, chercheur associée au Laboratoire d’Etudes des Monothéismes et directrice de l’Institut Rachi.

Argumentaire :

Chacun des Textes que l’on peut considérer comme fondateurs de notre civilisation occidentale est porteur d’un chemin propre depuis sa narrativité, son histoire, ses interprétations et sa cohérence internes. Torah, Bible et Coran font monde. Mais ces mondes sont-ils clos sur eux-mêmes ou peuvent-ils consonner entre eux depuis des traverses, des ponts où, par exemple au silence de l’un répond une étincelle de sens de l’autre, où une même question (éthique, juridique, philosophique) peut être abordée sous un autre angle. De même, chacun est entouré de textes satellitaires qui loin d’en être la périphérie, l’éclairent par ses ajouts et commentaires. Pourrait-on envisager de faire entrer en résonance ces constellations ? Et peut-être produire des voies d’interprétation inattendues ?

Ce séminaire mensuel, a pour projet de mettre à l’épreuve des hypothèses/ conjectures entre chercheurs depuis l’étude comparative des textes, du matériau biblique, torahique, coranique, en vue de créer une polysémie, brisant  les monolithismes, depuis des lectures différentielles : historique, littéraire, théologique, philosophique, éthique.

Les séances commenceront le 16 novembre 2017 à raison 7 séances sur l’année universitaire. Les séances se dérouleront comme suit : une heure de présentation du matériau, des textes, de la problématique puis travail en ateliers, par petits groupes d’étudiants et synthèse générale. L’objectif est, qu’à la fin de la séance de deux heures, chaque étudiant aura à disposition un petit dossier avec les textes étudiés, un lexique, etc.

La première année sera consacrée à l’élaboration d’une méthode commune selon ce dispositif : une séance mensuelle de séminaire, par un enseignant-chercheur, diffusée en direct pour permettre aux autres enseignants-chercheurs de participer au débat puis archivage sur notre chaîne youtube pour travail individuel et collectif avec une réunion semestrielle de bilan – via skype pour plus de facilité. Le séminaire mensuel est ouvert au public, étudiants et auditeurs, à la manière d’une cuisine ouverte, poursuivant la transversalité des savoirs.

Le séminaire fera l’objet d’une publication, tous les deux ans.

  • 16 novembre 2017 : séance inaugurale Armand Abécassis (à Troyes)
  • 7 décembre 2017 : Jean-Sébastien Rey, professeur à la Faculté de théologie catholique de Metz (à Metz suivi en vidéo conférence à Troyes)
  • 18 janvier 2018 : Géraldine Roux (à Metz suivi en vidéo conférence à Troyes)
  • 1er février : David Lemler, ATER au département d’études hébraïques et juives de l’Université de Strasbourg (à Metz)
  • 8 mars : Yves Meessen, maître de conférences en théologie catholique, Centre Universitaire de Théologie Catholique de Metz (à Troyes).
  • 15 mars : Daniel de Smet,  Directeur de Recherche au CNRS. Membre statutaire du Laboratoire d’Études sur les Monothéismes (à Troyes) : La génération de l’Eve cosmique dans l’ismaélisme tayyibite du Yémen.
  • 19 avril : Ursula Schattner-Rieser, Lehrstuhl für Judaistik an der Johannes-Gutenberg-Universität Mainz (à Troyes)