MYSTIQUE ET MYSTÈRE(S)

Mirage, mystère, Miracle

Dans la continuité du séminaire inauguré à l’Institut Rachi, au cours du second semestre 2026, nous poursuivrons notre cheminement et nos interrogations sur la mystique des trois monothéismes en nous orientant vers les signes faisant foi, dont les miracles constituent une des expressions tout autant sensible pour certains qu’insensible à d’autres.

Ce qui s’entend ou se voit fait toujours signe, mais à partir de quel critère pouvons-nous véritablement parler de miracle et non plus de mirage ou d’illusion ? Dans le sillage des témoignages, des doctrines théologiques ou des pensées philosophiques, nous tenterons de suivre les signes indicatifs ou expressifs qui nous permettraient de nous repérer dans ces contrées dépaysantes et pour le dire une fois de plus mystérieuses, dont le témoignage des textes nous invite à pénétrer la nature lorsque la rationalité calculatrice ou comparative ne peut plus s’exercer…

Responsable : Bernard Cunsolo, professeur de Philosophie au Lycée M. de Champagne et intervenant à l’Institut Universitaire Rachi.


APPROCHES PSYCHANALYTIQUES

Le travail de culture (« Kulturarbeit »)

« A quoi tient le monde ? »

Plus que jamais nous voyons s’affronter des forces qui poussent les unes vers un progrès, scientifique au moins, les autres vers une destructivité presque sans limites. Cette ligne de crête fragile et incertaine nous oblige à nous poser la question, individuellement et collectivement: à quoi tenons-nous? Quel socle, quels appuis restent possibles ?

Nous déclinerons tout au long de ce cycle de conférences, différents aspects de ce que Freud nommait « le travail de culture », œuvre d’humanisation éminemment psychique. Et réfléchirons ensemble à la nécessité de son évolution permanente, aux prises avec les changements civilisationnels.


LECTURES CROISÉES

“Jérusalem de Moise Mendelssohn”

Sous la direction de Gérard Rabinovitch et Daniele Lévy

Moïse Mendelssohn, est consacré comme un éminent philosophe des « Lumières », de langue allemande du XVIIIème siècle.

Son œuvre fut de son vivant reconnue d’un tel talent et d’une telle profondeur qu’elle surmonta l’ostracisme que subissaient les Juifs de ce temps, jusqu’à le désigner tout à la fois des surnoms élogieux de « Socrate allemand », de « Platon de Berlin », de « Moïse » des Juifs d’Allemagne.

Lessing en fit le modèle de son Nathan le Sage ; Kant, peu enclin aux compliments, salua néanmoins en Mendelssohn une figure magistère avec laquelle débattre.

Moïse Mendelssohn, est encore celui qui posa l’indicatif d’« Éclairer » en convocation prescriptive du travail de la pensée. Forme verbale d’un guide de route, plus modeste et bien plus vigile, que le substantif solennel d’Aufklärung que lui préféra Kant. En cela, Mendelssohn se montra plus proche des penseurs éminents du XVIIème siècle (Locke, Spinoza, Hobbes), avec lesquels il conversait d’œuvres à œuvres. De ce conclave atemporel s’établit pour Mendelssohn, une réserve sur ce que pourrait engendrer un abus des Lumières, en manière d’affaiblissement moral, d’égoïsme, d’anarchie et de destruction.

Avec son Jérusalem, paru en 1783, quasiment à la veille de la Révolution française, Mendelssohn ne produit pas une qu’une œuvre traversée par la crise générale de ce religieux dont l’Europe avait fait sédiment spirituel. Il y pose la Loi mosaïque a contrario des vents soufflants de désaffiliation spirituelle de son époque, comme le repère d’une Constitution possible qui permette féconds « éclairages », et authentiques « éclaircissements ».

Pour sonder l’œuvre de Mendelssohn, suivant le principe du séminaire des « Lectures croisées », nous entendront des conférences de :

Olivier Sedeyn, Ivan Segré, Jean Michel Salanskis, Rivon Krygier, Dominique Bourel, Gérard Rabinovitch.

L’institut Universitaire Rachi en partenariat avec l’Institut Européen Emmanuel Levinas de l’AIU.