L’ensemble des cours – exceptés les cours de langues – sont proposés simultanément en visioconférence via ZOOM.

Journée portes ouvertes : mercredi 1er septembre 2021 de 15h à 19h


Début des cours : lundi 6 septembre 2021

Premier semestre

Lundi 18h-20h : Lecture suivie de L’exil de la parole. Du silence biblique au silence d’Auschwitz, d’André Neher, par Géraldine Roux 

Cours hebdomadaire 1er semestre

Pour André Neher (1914-1988), la guerre aura eu raison de sa première vie : il abandonne sa thèse en littérature allemande pour une nouvelle naissance, n’écrivant plus alors que sur et depuis le judaïsme. Pas comme un philosophe sur le judaïsme, pas en apologète d’une tradition mais comme un penseur juif depuis un postulat fondamental : l’exégèse biblique est la seule méthode viable face au besoin d’inchronisme. C’est ce postulat que je souhaiterais interroger ce semestre. André Neher n’est pas un universitaire classique. Mais sa pensée, si elle prend la tournure de l’exégèse biblique, n’est pas anhistorique pour autant. Comment penser la tension entre la mystique et les Lumières, entre la parole prophétique et le concept positif, après Auschwitz ?

Bibliographie sélective :

  • André Neher, L’existence juive. Solitude et affrontements, Paris, Seuil, 1962.
  • André Neher, L’exil de la parole. Du silence biblique au silence d’Auschwitz, Paris, Seuil, 1970.
  • André Neher, L’essence du prophétisme, Calmann-Lévy, 1972.
  • Héritages d’André Neher, dir. David Banon, Editions de l’Eclat, coll. Bibliothèque des Fondations, 2011.
  • André Neher: Figure des études juives françaises, dir. David Lemler, Herman, 2017

Géraldine Roux  est docteur et enseignante en philosophie, chercheur associée au Laboratoire d’Etudes des Monothéismes (CNRS) et directrice de l’Institut Universitaire Rachi à Troyes.


Lundi 18h30-20h30 : cours d’arabe littéral niveau 2, par Madame Rouba ALMHANA (cours annuel)

Cours hebdomadaire assuré toute l’année (24 séances)

COURS DIPLÔMANT DANS LE CADRE DU CURSUS DES ETUDIANTS DE LICENCE DU CAMPUS COMTES DE CHAMPAGNE

Maîtrise du système graphique, de l’écriture, de la lecture requise.

Pour les étudiants et auditeurs ayant déjà de solides bases en arabe littéral, ce cours est proposé afin de travailler la lecture et le discours parlé depuis l’étude de journaux et de textes littéraires en langue arabe.

Rouba ALMHANA est professeur de langue arabe au collège Albert Camus et au lycée Marie de Champagne, interprète à la Cour d’Appel de Reims.


Mardi 17-19h : Lire la Bible avec Rachi – Livre étudié : Josué (cours annuel)

Cours exceptionnellement le jeudi de 16h à 18h avec Jérôme Benarroch

Rachi, à l’aube du 2e millénaire, s’est nourri, dans ses années de jeunesse, des nouvelles méthodes d’interprétation de la Torah, inaugurées en Andalousie, en Italie et en Allemagne. Il les a apprises avec ses maîtres de Mayence, Worms et Spire. Jusque-là, la Torah était lue de manière dialectique, servant de mode d’emploi à l’usage quotidien, depuis sa lecture globale, sans réflexion réelle sur son texte et son mode d’écriture. Ces nouvelles écoles s’attachent alors à introduire une méthode scientifique de lecture : comparer les manuscrits pour repérer les erreurs de copistes et les difficultés de sens, étudier la morphologie des mots, leurs racines, recopier tous ces textes et en faire un manuscrit unique depuis le regroupement des autres manuscrits. La révolution de l’an mille est la découverte de la philologie. Prendre le texte au sérieux et lui découvrir son sens propre et non tel qu’on voudrait qu’il soit. De cet enseignement, Rachi développe sa propre méthode d’interprétation : clarifier les obscurités de la Torah pour que même un enfant de huit ans soit capable de la lire, depuis le Texte, sans en sortir. Ce n’est pas à nous d’ajouter du sens au Texte, c’est le Texte qui nous parle. C’est là, la révolution Rachi et depuis nous ne pouvons plus lire la Torah sans son éclairage qui nous en ouvre le sens.

Intervenants : Jérôme Benarroch (professeur agrégé de lettres modernes et docteur en philosophie), Emmanuel Bonamy (professeur de philosophie, Paris), Rosine Cohen (enseignante et professeur de pensée juive), , maître de conférences à l’INALCO) Bitya Rozen-Goldberg (rabbin, talmudiste), Pierre-Henry Salfati (réalisateur, documentariste, essayiste), Ivan Segré (docteur en philosophie de l’Université Paris VIII, talmudiste), Liliane Vana (spécialiste en droit hébraïque, talmudiste, philologue, fondatrice de LectureSefer, courant orthodoxe)

Calendrier 1er semestre : 5, 12, 19 octobre ; 2, 9, 16, 23, 30 novembre ; 2, 13 décembre 2021.

Calendrier 2nd semestre : 11, 18, 25 janvier ; 2, 22 février ; 1, 8, 15, 22, 29 mars 2022.

Jérôme Bénarroch : 7, 14, 21 octobre (JEUDIS) 2021

Emmanuel Bonamy : 2, 9, 16, 23, 30 novembre, 7 décembre 2021 

Pierre-Henry Salfati  14 décembre 2021  –  Conférence exceptionnelle à 18h

Ivan Segré : 11, 18, 25 janvier ; 1er et 22 février 2022

Liliane Vana : 1 et 8 mars 2022

Rosine Cohen : 15 mars 2022

Bitya Rozen-Goldberg : 22 et 29 mars 2022


Mercredi 10h30-12h30. Hébreu biblique : lectures et commentaires (cours annuel)

Cours bimensuel assuré toute l’année 2 niveaux en alternance (12 séances)
Madame Meital Peretz
Ce cours sera composé de deux volets principaux, afin, au long de l’année, faire découvrir cette langue à de grands débutants, tout en permettant à des auditeurs plus avancés, de parfaire leurs connaissances : l’approche linguistique et l’approche
exégétique du texte biblique. Sur le plan linguistique il permettra à de grands débutants
d’acquérir les bases de l’hébreu biblique : la lecture et l’écriture, la grammaire et la syntaxe, ainsi que l’utilisation d’un dictionnaire bilingue.
Un approfondissement linguistique sera proposé aux auditeurs plus avancés.
Sur le plan exégétique il proposera à l’ensemble des auditeurs une approche pluridisciplinaire qui s’intéressera aux aspects littéraires, historiques et philologiques des textes à travers des commentaires anciens et modernes.
2 niveaux en alternance :

  •  Grand débutant (aucune connaissance de la langue)
  • Confirmé

Manuel utilisé : “L’hébreu biblique en 15 leçons” de Sophie Kessler-Mesguich.


Meital Peretz est enseignante et lectrice d’hébreu biblique et d’hébreu moderne

En alternance entre niveau 1 et niveau 2


Mercredi après-midi : Langues sémitiques – Hébreu moderne et arabe littéral (cours annuel)

Cours hebdomadaire assuré toute l’année

Cours d’initiation à l’hébreu moderne ou à l’arabe littéral passant par la maîtrise du système graphique, de l’écriture, de la lecture et de notions grammaticales basiques jusqu’à une maîtrise plus poussée de la langue. La découverte de ces langues sera solidaire de leur approche civilisationnelle.  COURS DIPLÔMANTS DANS LE CADRE DU CURSUS DES ETUDIANTS DE LICENCE DU CAMPUS COMTES DE CHAMPAGNE

Arabe littéral – Madame Rouba Almhana

Arabe littéral niveau 3 : 13h30-15h30

Arabe littéral niveau 1 (ordre alphabétique A-F) : 16h00-18h00

Arabe littéral niveau 1 (ordre alphabétique G-Z) : 18h-20h00

Rouba ALMHANA est professeur de langue arabe au collège Albert Camus et au lycée Marie de Champagne, interprète à la Cour d’Appel de Reims.

Hébreu moderne – Madame Meital Peretz

Hébreu moderne niveau 1 : 13h-15h

Hébreu moderne niveau 3 : 15h00-17h00

Hébreu moderne niveau 2 : 17h30-19h30

Meital Peretz est enseignante et lectrice d’hébreu biblique et d’hébreu moderne


Vendredi 11h-13h : Les juifs et l’Etat : du droit romain à nos jours, sous la direction de Paul Gradvohl

Cours optionnel, premier semestre, dans le cadre des Licences Histoire et Langues du Campus Comtes de Champagne. En partenariat avec l’Université de Reims Champagne Ardenne et l’Institut Européen Emmanuel Levinas-AIU

Constatant que les sociétés européennes actuelles ont du mal à trouver une perspective de vie collective attrac­ti­ve pour tous leurs membres et à proposer des formes con­sen­suel­les de diversité, ce module propose une approche com­parée de l’évolution de la sin­gu­larité juive en mobilisant notamment le droit et l’histoire. En effet, les com­plexes rap­ports entre droits, sociétés et juifs offrent une clef utile pour saisir la diversité des si­tua­tions contemporaines. Et contrairement à la vision commune ac­tuelle qui veut que sans État il n’y ait pas de droit, cette mise en per­spec­ti­ve rap­pel­le­ra que le droit peut-être tout autant dérivé des religions que des instances profanes (au moins dans une certaine me­su­re) dans la tradition juive et bien au-delà. Le rôle du droit privé et du droit public en lien avec le judaïsme est ainsi une question qui n’a jamais cessé de se poser. Le but de ce module est donc de faire réfléchir (1) à la transformation de la singularité juive, associée en partie à l’affirmation assez récente historiquement de la laïcité, et (2) aux mutations dont nous sommes témoins à l’échelle européenne et au-delà. Ce module ne saurait pré­tendre à l’exhaustivité, donc les éléments retenus résultent du désir de donner des éclai­rages sans doute un peu moins connus, comme les origines partiellement religieuses de l’affirmation laïque.

Paul Gradvohl est professeur d’histoire à l’Université Paris-I Panthéon Sorbonne


Second semestre

Lundi 18h-20h : Penseurs de la limite. Entre judaïsme et philosophie. Par Géraldine Roux

Cours hebdomadaire au second semestre

A l’heure de la montée des communautarismes, des nationalismes, des replis identitaires, comme en contrepoint de la multiplication des opinions dans l’espace publique où toute parole finit par se valoir, dans une indistinction généralisée, que signifie « penser » ? Ce cours proposera un parcours, depuis des textes de philosophes, penseurs ou mystiques, interrogeant leur judéité depuis cette tension d’une identité en construction, refusant l’enfermement clanique et en méfiance envers ce qu’on pourrait appeler un universel abstrait. Penser, n’est-ce pas penser au bord et à la limite ? Nous travaillerons principalement des textes de Moïse Maïmonide, Baruch Spinoza, Madame de Staël, Hermann Cohen, Julien Benda, Edith Stein, Etty Hillesum, Hannah Arendt, Eliane Amado Levy-Valensi, Benjamin Gross.

Géraldine Roux est docteur et enseignante en philosophie, chercheur associée au Laboratoire d’Etudes des Monothéismes (CNRS) et directrice de l’Institut Universitaire Rachi à Troyes.


Mardi : L’humanisme européen de Pic de la Mirandole à Stefan Zweig. Sous la direction de Gérard Rabinovitch

Cours optionnel pour les étudiants de Licence Langues et Histoire du Campus Comtes de Champagne – En partenariat avec l’URCA et l’Institut Européen Emmanuel Levinas -AIU

Humanisme, c’est le nom générique, dans l’Histoire culturelle européenne, pour désigner un mouvement de fond d’élévation dans la vie de l’Esprit qui a mis l’être humain au centre de l’attention, de la réflexion, et de la responsabilité de son devenir et de celui du vivant.

Il a puisé ses élans primordiaux à deux sources ancestrales : celle d’animal parlant (zoon phonanta), et d’animal politique (zoon politikon) depuis Aristote ; celle de haï medaber (vivant parlant) dans la tradition hébraïque, etconçu à la « ressemblance de Dieu » (Ki-demuwth), dans Berechit (Genèse 1. 26-27).

Nul mieux que l’écrivain essayiste et biographe Stefan Zweig (1881-1942) avec son Érasme n’a souligné le drame profond qui se jouait en Europe, dans l’après Première Guerre mondiale et en prolongement de celle-ci. Une déroute des valeurs humanistes qui va atteindre son comble avec les totalitarismes du XXème siècle : fascismes, nazisme, stalinisme. De cette déroute nous restons tributaires. En prendre la mesure appelle à reprendre le parcours qui, depuis la Renaissance jusqu’à la veille des fracas totalitaires, a, par étapes, contribué à installer la centralité de l’existence humaine et ses expériences dans l’entendement du monde. Faisant passer celle-ci de la condition de créature théologique à celle de sujet citoyen et de sujet désirant.

Il s’agira de suivre le fil de cette construction qui court de rebonds en déplacements, depuis Pic de La Mirandole, Érasme, Rabelais, Juan Vives, Baltasar Gracian, Montaigne, La Boétie, en rencontrant Hobbes, Spinoza, Le Maharal de Prague, Shaftesbury, Jean Bodin, Montesquieu, Diderot, Lessing, Mendelssohn, Tocqueville, Mickiewicz, Humboldt, jusqu’à Léon Bourgeois, Fritz Mauthner, Sigmund Freud, Martin Buber, Stefan Zweig.

Gérard Rabinovitch est philosophe et sociologue, chercheur associé au CRPMS de l’Université de Paris, directeur de l’Institut Européen Emmanuel Levinas-AIU, vice-président de l’Institut Rachi


Jeudi 11h30-13h30 Judaïsme et Islam : confluences

Thème de l’année : loi hébraïque, loi islamique : une étude comparée

Cours optionnel pour les étudiants de Licence Langues et Histoire du Campus Comtes de Champagne

Cours assuré au 2nd semestre (12 séances, soit 24h de cours)

En partenariat avec le Centre des Etudes arabes et orientales de l’Université Paris-III Sorbonne et l’Institut Européen Emmanuel Levinas

Sous la direction de José COSTA

Le mot halakha provient du verbe halakh qui signifie « marcher », « se mettre en route ». Il désigne l’ensemble des prescriptions, coutumes et traditions composant la Loi juive. Tout l’art des juges rabbiniques, des savants et des philosophes est de l’interpréter depuis une actualité qui, sans cesse, interroge son contenu et le met en relation avec des situations qui évoluent, rendant ainsi la Loi vivante. Ce que l’on appelle dans l’islam šarī’a ou šar’, avant d’être un code de lois, est étymologiquement une « voie », c’est-à-dire une source spirituelle à orientation éthique. Comme le suggère le verbe arabe šaraʿa, qui signifie « commencer », « entreprendre », « projeter », la šarī’a indique une direction, qui devrait se garder de tout immobilisme ou fixation mortifères. C’est dans ces perspectives que le cours s’efforcera de comparer ce que l’on appelle communément « loi hébraïque » et « loi islamique ». 

José Costa est professeur de littérature rabbinique ancienne à l’Université de Sorbonne nouvelle, membre du Centre d’études arabes et orientales de cette même université (CEAO) et co-directeur de la Revue des études juives.


JEUDI 17h-19h. L’Affaire Dreyfus : une affaire d’écriture(s). Sous la direction de Jean-Michel Pottier

Sous la direction de Jean-Michel Pottier / CNRS-ITEM (Groupe Zola) et Université de Reims

Cours optionnel pour les étudiants de Licence Langues et Histoire du Campus Comtes de Champagne et pour les étudiants de Master Métiers du Patrimoine

En partenariat avec l’Institut Européen Emmanuel Levinas et la Médiathèque Jacques Chirac

Une fois posées les bases événementielles de l’affaire Dreyfus s’ouvre l’univers des commentaires et des prises de position. L’analyse de l’Affaire, entravée par sa complexité, trouve dans des écrits de toutes natures une aide précieuse à sa compréhension. Mémoires, romans, témoignages, entretiens, chroniques, journaux personnels, éditoriaux, lettre ouvertes ou privées, discours, plaidoiries, tous offrent la relation des faits sous des angles de vue divers. Ils permettent d’enrichir la lecture, l’interprétation et la compréhension de ce qui constitua à l’aube du XXe siècle une profonde fêlure. Les textes s’associent aux images pour en développer encore la vision. Contemporains ou différés, ces écrits opèrent des choix qu’il convient d’étudier à la lumière des recherches les plus récentes et des découvertes les plus utiles.

Par ce monde de l’écrit, l’affaire Dreyfus survit encore dans notre époque et nous transmet de nombreux enseignements utiles à la conscience des citoyennes et des citoyens d’aujourd’hui.

La session 2021-2022 du Cycle Alfred Dreyfus proposera trois grands moments :

  • le premier sera consacré à la mise en place des connaissances nécessaires à la compréhension de l’Affaire ;
  • le second offrira la possibilité à des chercheurs de renom de présenter leurs travaux et de témoigner de leurs découvertes les plus récentes ;
  • le troisième temps permettra de mettre en regard les grands moments de l’Affaire et les textes dont ils constituent la mémoire. Pour ce faire, lors de chaque séance, il s’agira de choisir un texte représentatif d’un moment de l’Affaire que nous pourrons analyser, dont nous pourrons débattre et que nous pourrons confronter à une préoccupation d’aujourd’hui.