A vos agendas

Conférences

Jeudi 29 mars 2018 à 19h

Gérard Haddad , Le complexe de Caïn. Terrorisme, haine de l’autre et rivalité fraternelle.

Brahim et Salah Abdeslam le 13 novembre 2015 à Paris, Abdelkader et Mohamed Merah en 2012 à Toulouse, Djokhar et Tamerlan Tsarnaev en 2013 à Boston. La liste pourrait être allongée à l’envi : les exemples de frères soudés par un projet d’attentat terroriste ne manquent pas. Des frères qui se vivent comme exclus de la société et se solidarisent dans le meurtre d’un frère imaginaire. Après chaque explosion de violence terroriste, des voix s’élèvent : le remède à la barbarie se trouverait dans le sentiment fraternel qui doit unir tous les hommes. Mais la fraternité est-elle vraiment la solution ? Travaillé par cette question brûlante, Gérard Haddad s’est replongé dans les textes fondateurs, bibliques et littéraires. Il y a vu l’évidence : bien plus que le complexe d’Œdipe, c’est le complexe de Caïn, cette rivalité fraternelle à l’origine des plus grandes tragédies, qui mène le monde. Poursuivant la réflexion entamée avec Dans la main droite de Dieu, Le Complexe de Caïn permet de mieux comprendre le phénomène à l’oeuvre dans la barbarie contemporaine.

Gérard Haddad est médecin psychiatre et psychanalyste

 *Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

Mercredi 11 avril 2018 à 19h (date modifiée) Ethique de la considération, par Corine PELLUCHON

Cycle « Nourritures terrestres, nourritures spirituelles » en partenariat avec la médiathèque du Grand Troyes.

Présentation du dernier livre de Corine Pelluchon, édité au premier trimestre 2018 aux éditions du Seuil.

Il s’agit de souligner la pertinence et l’actualité d’une approche de la morale: l’éthique des vertus. Au lieu de se focaliser simplement sur les normes (principes, obligations, interdictions, devoirs) ou sur les conséquences de ses actes,  l’éthique des vertus s’intéresse aux motivations concrètes des agents moraux. Celles-ci ne renvoient pas seulement à leurs représentations, mais également à leurs émotions, à leurs affects et à l’ensemble des traits moraux les disposant à se gouverner, à être tempérants, etc.
Cette interrogation sur la vie bonne s’inscrit dans l’héritage des philosophies de Platon et d’Aristote. Néanmoins, son contexte est lié aux problèmes actuels : la difficulté à opérer la transition environnementale, la violence envers les vivants et la fragilité des démocraties libérales. Quelles vertus permettraient aux individus de tenir les promesses des éthiques environnementales et animales qui, en dépit de leur créativité intellectuelle, ont échoué à faire entrer l’écologie et la question animale en politique et à inspirer les changements nécessaires dans nos styles de vie ? Faut-il créer une nouvelle éthique des vertus environnementale et animale, puisque les théories morales d’Aristote à Jankélévitch n’abordent pas ces thèmes ? Ou bien les vertus propres au rapport à soi et aux autres ont-elles également un sens dans notre rapport aux autres vivants et à la nature ? Notre hypothèse est qu’une seule éthique des vertus est nécessaire, mais elle repose sur une philosophie de la corporéité qui confère à la théorie morale et politique une base solide, associée à certaines notions éclairant la condition  humaine.
Si la considération, qui est une manière d’être acquise, implique que le rapport à soi est la clef du rapport aux autres, humains et non humains, et à la nature, il convient d’infléchir les morales antiques qui font l’éloge de la magnanimité, en faisant plus de place à la fragilité. Le premier infléchissement vient de l’héritage chrétien, tel qu’on le voit chez Bernard de Clairvaux qui souligne, dans De la considération, l’importance de l’humilité. La notion de considération est toutefois réinterprétée dans un contexte laïc, ouvrant sur une réflexion sur le monde commun. Nous développerons quelques aspects de la philosophie de l’existence sur laquelle repose la considération, en insistant sur le rôle que joue l’interrogation sur la finitude, la vulnérabilité et la naissance. Enfin, la prise au sérieux de la destructivité humaine conduira à identifier les obstacles à la considération et à préciser ce que pourrait être une éducation morale permettant d’émanciper le sujet et de réenclencher un processus civilisationnel.

Corine Pelluchon est professeure de philosophie à l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée
*Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles

Séminaires

  • Approches psychanalytiques « Que peut la psychanalyse aujourd’hui ? »

Lundi 9 avril 2018 à 20h30- Alain Méry – Pauvres parents !

Pauvres parents, qui pensent ne plus savoir y faire avec leur progéniture. S’agit-il du sempiternel conflit de générations, amplifié par les Communicants et les toutes-puissantes Nouvelles sciences, qui entraînerait le regret des Neiges d’antan ? Ou d’autre chose de nouveau ? Quelque chose du côté de ce qui, dans ces rencontres, dans ces expériences et dans leur cadre, structure habituellement le sujet, quelque chose que la psychanalyse pourrait contribuer à déchiffrer ?

  • En raison d’un mouvement de grève de la SNCF, la dernière séance du séminaire « Atelier de lectures croisées », animée par Ursula Schattner-Rieser, qui devait se dérouler le jeudi 19 avril est annulée. Veuillez nous excuser pour ce contretemps.

  • La séance du séminaire « les dynamiques de la haine », animée par Danièle Lévy, initialement prévue le mercredi 11 avril est reportée au jeudi 19 avril 2018 à 20h00.

 

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